DIEUDONNÉ NYOUMSI :Le président du Syndicat national des auto-écoles du Cameroun (Synpaec) en grève pour un permis de conduire décent.

«80% des candidats qui passent l’examen n’ont pas reçu une formation»
Qu’est-ce qui peut expliquer l’absence des auto-écoles de renom dans la liste des établissements conformes publiée récemment par le ministre des Transports ?
Pour le ministre des Transport, les auto-écoles qui n’ont pas déposé les dossiers d’examen de permis de conduire ne sont pas considérées comme des auto-écoles existantes, autrement dit en règle. C’est la raison pour laquelle, nos noms ne figurent pas sur la liste. Cependant, la plupart des auto- écoles dont le nom figure sur cette liste dans la ville de Douala ne sont pas connues du grand public, se sont les auto-écoles fictives. Aujourd’hui, tous les agents de transport passent par les auto-écoles fictives pour présenter les candidats à l’examen. Et, ce sont ces auto-écoles que le ministre a reconnu. C’est de bonne guerre, mais je pense qu’un pays ne peut se développer sans les opérateurs économiques. Et tant que les opérateurs économiques ne peuvent pas trouver leur compte du fait des agents véreux du ministère, ils ne peuvent que revendiquer de façon loyale leur droit. C’est ce que nous faisons en tant qu’organisation-socio professionnelle des auto-écoles. Nous avons lancé un préavis de grève, suivi d’un avis de grève. Mais le ministre des Transport pense que, nous sommes devenus plutôt des délinquants, au lieu d’être des partenaires. On ne peut être le cas, puisque nous existons depuis des années. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on peut nous rayer sur la liste. Ils ne peuvent plus nous reconnaitre comme tel, sans aucune notification valable.
Qu’est-ce qui est véritablement à l’origine de cette grève ?
Aujourd’hui, les auto-écoles sont vides de candidats, à cause des auto-écoles fictives, dont le ministre vient de relayer. Les auto- écoles loyales qui sont censées exister n’existent plus, parce que les agents du ministère des Transports ce sont constitués en auto- écoles, pour présenter les candidats à l’examen de permis de conduire, sans droit. L’insécurité routière qui gangrène dans ce pays, c’est du fait des agents véreux du ministère des Transports qui distribuent les permis de conduire à des personnes qui n’ont pas reçu des formations dans les auto-écoles agréées. De ce fait, les auto-écoles s’entendent mortes. C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé d’attirer l’attention de l’opinion publique. Il faut que les Camerounais cessent de donner leur vie inutilement sur nos routes. Il faut également qu’on nous laisse faire notre travail. Il faut que l’examen du permis de conduire soit un vrai examen, et non un examen qu’on organise pour faire passer des candidats fictifs. Où souvent, la présence physique n’est pas constatée à l’examen. Nous avons aussi remarqué que des candidats réguliers échouent l’examen au dé- triment de ceux qui ne sont même pas venus se présenter. C’est un paradoxe. Aujourd’hui, il va falloir que les auto-écoles comprennent qu’elles doivent se lier pour dé- fendre leur profession.
Qui sont donc les 185 candidats dont la délégation régionale des Transports a reconnu ?
Ces personnes n’ont pas été présentées par nos auto-écoles. Nombreux sont des candidats du ministère, ce sont des potentiels chauffards de demain qui vont continuer à décimer la population camerounaise. Nous sommes entrain de faire une grève pacifique. Ce n’est pas une grève où, on empêche l’examen de se dérouler. Mais, nous disons que nous allons manifester pour que l’examen se fasse de manière régulière. Le permis camerounais n’a aucune valeur, parce que 80% de candidats qui passent l’examen n’ont pas reçu une formation d’auto-école.
PROPOS RECUEILLIS PAR G.D


